Quand J-C Gruau, le conseiller municipal et candidat aux législatives, oublie vite qu’il a raflé 75 000 euros d’indemnités au contribuable (article « blague à part »)

Qui est Jean-Christophe Gruau ? Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage une présentation de cet élu local peut être nécessaire (pour ceux qui ne sont intéressés que pour les 75000 euros d’indemnités , allez directement en bas de l’article, oui on est sympa, on vous évite une trop longue lecture 🙂

JC Gruau a été élu conseiller municipal de Laval soutenu par le Front National lors des élections de 2014. Ses propos sur l’africanisation et l’immigration avaient interpellé les médias à l’époque. Pourtant en voulant les dénoncer, les journalistes ont beaucoup mis en avant un homme pourtant peu connu dans l’échiquier politique mayennais. Jean-Christophe Gruau est surement le seul candidat lavallois qui fut autant cité dans une émission nationale. Le CSA a même demandé au Petit journal de rééquilibrer le temps de parole accordé à tous les candidats de Laval. Yann Barthès envoya donc l’humoriste Maxime Musqua pour rééquilibrer les compteurs… Cette mise en lumière n’aura pas été sans conséquence pour le candidat car JC- Gruau qui obtint 10,12% des voix lui s’assurant donc une place au conseil municipal de Laval. Cela c’était joué à 24 voix…

Il est vrai J-C Gruau n’a actuellement aucun rôle officiel dans la ville, il n’est en charge de rien, il ne fait partie que de l’opposition. D’ailleurs, cette place lui va à ravir, car être dans l’opposition et la contestation il n’en faut pas plus à cet élu pour se sentir exister publiquement. Pire, il ne semble se définir dans ce monde qu’à travers cette position, ses interventions durant les conseils municipaux n’étant en général que des mises en avant, rarement pourvues de propositions concrètes ou de compromis et ce peu importe le sujet (crèche de Noël, prix de l’eau…). Il n’est pas là pour faire avancer les choses, il n’est présent que pour se montrer. Même si le sujet qu’il évoque peu paraître intéressant à la base. Il aime utiliser des propos choquants, non pas tant pour faire passer un message mais pour être entendu en tant qu’individu, nous faisant presque oublier la question initiale. Il est magique J-C, dans un même discours il peut partir de la crèche de Noël pour arriver subtilement à évoquer les réfugiés en 1 minute 32 secondes. Et puis ce qui est génial avec lui, c’est qu’il est dans la subtilité, l’amour, le raffinement… En est l’exemple ce conseil municipal du 5/10/2015 où il dénonce les aides envers l’association de défense des LGBT La Gom’ 53 : « Excusez-moi, mais vous regardez quand même l’orientation sexuelle des gens puisque vous leur accordez une subvention puisqu’ils ont des problèmes de transidentité. Est-ce qu’on va fonder une association de personnes qui préfèrent, je m’excuse d‘être un peu cru, prendre leur femme en levrette?  Parce que sincèrement, à partir du moment où vous donnez de l’argent pour un comportement sexuel, il n’y a pas de raison que cela s’arrête. ». Mais Jean-Chri, pourquoi s’excuser d’être un peu cru alors que c’est le but initial de toutes vos interventions ? Car chez vous la forme primera toujours avant le fond ?

Depuis son compte Twitter J-C va partager ou commenter tout ce qui touche à l’immigration ou l’africanisation. Il défend l’existence des races, sans pour autant jamais vraiment affirmer que la blanche est supérieure aux autres. Gruau est surtout attaché au fait que chacun doit rester chez soi. Il dénonce l’islam et le fameux « Grand remplacement ». L’accueil des réfugiés à Sainte-Suzanne, ou toute forme d’immigration non-européenne, sont perçus comme une invasion. Sur les réseaux sociaux son modèle politique semble être le candidat Henry De Lesquen. Il relaie aussi et commente des articles de faux-sites d’information tels que Français de souche ou Boulevard Voltaire. Parfois, il diffusera des articles de presse généralistes, mais uniquement si ceux-ci démontrent que les personnes qui ont commis des crimes ou délits sont d’origine étrangère ou musulmane. Il prendra les informations qui l’intéressent et uniquement celles qui l’intéressent, le tout mêlé à une multitude d’intoxs qui vont dans son sens. Mélanger le vrai, le faux, ne jamais publier de sources contraires à sa thèse, J-C fonctionne comme tout négationniste en somme…

Son objectif n’est pas de passer un message, mais de choquer, être hué pour lui est une reconnaissance, c’est son applaudimètre perso. Faut bien comprendre la personnalité du bonhomme. S’il dérange c’est la preuve qu’il dit la vérité car il se définit lui-même comme une sorte de « poil à gratter ». Et plus il sera critiqué, plus cela lui plaira. Gruau a besoin d’ennemis pour se montrer. Ses « adversaires » sont un peu tout le monde, les journalistes, la droite, la gauche et même le F.N. Et oui, Gruau s’est fait virer du F.N en 2015, 6 mois après y avoir adhéré. Il ne correspondait certainement plus à l’image dé-diabolisation du parti. Gruau se défend d’avoir été écarté car jugé trop proche des idées de Jean-Marie Le Pen. Une frustration de plus en tout cas…

Mais pourquoi est-il si méchant ? Parce que…

Gruau, il nous fait un peu penser à la bouteille d’Orangina rouge et sa pub de la fin des années 90 « Mais pourquoi est-il si méchant ?  »

Ce n’est pas un homme politique, on dirait plus un homme frustré qui veut rentrer dans un rôle de tribun en s’appuyant sur sa voix grave et des propos non politiquement corrects. Si vous lisez son blog, on peut classer les gens en trois catégories bien distinctes : « les cocos », « les bobos » et les « Francs-maçons ». Au Ouest-Franc, nous sommes donc pour lui les « bobos ». Mais il y a aussi de subtiles subdivisions : les « cons » (cherchez pas on en fait aussi partie selon lui) et les « traitres »… Il y a également la catégorie intermédiaire des « gauchos ». Si vous n’aimez pas Gruau, c’est que vous faites partie d’une ou plusieurs de ses catégories. D’un point de vue politique dans la tête de J-C, ce n’est pas le clivage gauche/droite habituel qui prime. Ce serait plutôt lui, ceux qui ne l’aiment pas et ceux qui l’apprécient. D’ailleurs la troisième catégorie est tellement importante qu’il n’a pas d’autres possibilités que de s’interviewer lui même dans son propre blog. On a l’impression en le lisant que l’élu ne fait pas de la politique, mais qu’il joue un jeu de rôle. Quel est le sien selon lui ? Celui du mec sincère, incorruptible, franc. Quel beau gosse ce J-C !

Avant d’être l’élu qu’on connaît, et malgré un passage par Sciences po, ça ne se passait pas trop bien pour J-C au début. Cependant après un parcours professionnel incertain, ce dernier est embauché le 1er juin 1996 comme rédacteur en chef du Laval-infos, le magazine communal de la ville de Laval. Consécration suprême, y’a du y’en avoir des petits fours à la maison ce jour-là. Pourtant certains estimaient son poste était une sinécure, mais pas grave, J-C était très fier de cette période. Il se décrit d’ailleurs dans son blog comme « Ancien rédacteur en chef de Laval-Infos (1995-2008) » et il lui a carrément consacré une rubrique très nostalgique : « C’était Laval-infos 1995-2008 ». Gruau était inconnu à cette époque, mais avec le recul, en relisant les magazines, on a bien conscience qu’il en était le Rédacteur en chef. Notamment en donnant son avis à travers une multitude de parenthèses ou guillemets (ou en les autorisant, difficile de savoir qui rédigeait). Par exemple, dans ce vieil exemplaire, on remarque de superbes remarques autour de la condition féminine lorsqu’il évoque une association composée de jeunes femmes. J-C semble sceptique face au fait qu’elle soit apolitique.femme.jpg

Dans ce même exemplaire, p 20 et 21, une rubrique intitulée « C’était Laval » donne carte blanche à la plume de Gruau. Tintée de nostalgie, cette rubrique permet également au Rédacteur-chef de se lâcher, bien trop pour un magazine d’informations locales. D’après certaines sources, François d’Aubert, le maire de l’époque, ne remettait jamais en question sa ligne éditoriale. Ou plutôt, il ne lisait jamais vraiment le Laval-infos.

Malheureusement pour J-C Gruau en 2008, la ville de Laval bascule à Gauche. On s’en doute, ça n’a pas plu à notre actuel candidat aux législatives qui avait néanmoins signé un CDI auprès de le 1er avril 2006, la date ne s’invente pas. D’après son blog Gruau fut mis au placard très rapidement, il évoque « une chasse aux sorcières » et une « censure » de la part de l’équipe de Garot. Mais d’après d’autres témoignages le souci est que Gruau ne semblait pas respecter son devoir de réserve. Ce qui semble assez logique au vu de sa personnalité. Il est vrai que dans le numéro publié juste avant les élections de 2008, il a passé un subtil message à l’équipe socialiste qui n’a pas dû franchement lui plaire  : « L’ennemi était à gauche« . Pour certains élus, rien que cela aurait suffi à le renvoyer.ennemi à gauche.jpg Gruau se pose en victime mais n’avait-il pas déjà déclaré la guerre à la nouvelle équipe? Difficile de le savoir, chacun aura son point de vue. Décision justifiée ou non, Gruau est mis progressivement de côté, il ne devient plus que simple rédacteur du mensuel. Le 19 novembre 2008, Jean-Christophe Gruau est renvoyé sous le motif d’ « une perte de relation de confiance » entre lui et la Mairie. Gruau ne l’entend bien sûr pas de cette oreille, il conteste la légalité de ce renvoi « autant sur le fond que sur la forme ». D’après une source proche de la mairie, le CDI que François d’Aubert lui avait fait signé était « en béton ». La ville, pourtant déjà très endettée, n’a pas d’autre choix que de négocier une prime de licenciement de 75 000 euros, cumulable avec toutes les indemnités chômage indexées sur son ancien salaire bien entendu. Seule condition, Gruau devra renoncer « à toute action ou recours à l’encontre de la ville de Laval ». L’équipe de G.Garot voulait clairement clore l’affaire sans bruit, et si possible, sans donner publiquement le montant des indemnités puisque le C.R du conseil municipal n’en fait pas mention, il est néanmoins cité dans ce rapport.

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Aujourd’hui, la Mairie est repassée à droite, l’ancien adjoint de François d’Aubert, François Zocchetto, a repris le flambeau. Mais la pilule n’est toujours pas passée pour J-C, faut comprendre qu’on lui a enlevé son bébé et sa condition professionnelle fixe. En effet, l’élu ne s’est toujours pas remis professionnellement de ce renvoi. Il a cumulé plusieurs petits boulots dans l’enseignement et les conférences, sans succès. Il doit selon lui sa situation au fait qu’il n’était pas fonctionnaire, sinon son renvoi aurait été quasi-impossible. Déçu, se posant en victime, Gruau écrit « En 2008, le principal événement a été la victoire de Guillaume Falot (comprenez Guillaume Garot, NDLR) à la mairie de Laval et, quelques mois plus tard, mon inscription à l’ANPE qui se muait en Pôle Emploi… Débuta alors pour ma pomme une sale période qu’aucun fonctionnaire ne connaîtra jamais… ». Oui, Gruau a trouvé un nouvelle catégorie à critiquer : le fonctionnaire. Et ce n’est pas un hasard, fonctionnaire, c’est le statut qu’il n’a jamais eu et qu’il ne l’a jamais protégé de son renvoi. Ce fonctionnaire qui refuse de faire des économies au nom de la dette de la ville en travaillant plus. Cette saleté de fonctionnaire qui « a un emploi à vie » comme il aime le rappeler très souvent. Emploi à vie de Rédacteur en chef qu’il aurait tant aimé garder par exemple. D’ailleurs J-C Gruau évoque souvent lors des conseils municipaux sa situation de chômeur et sa précarité. Il fustige les indemnités trop importantes du sénateur-maire et des députés comparées à celle d’un simple élu municipal de l’opposition, la sienne donc… Oui Gruau selon Gruau, est un homme pauvre, pieux et économe qui gagne faiblement sa vie au vu de l’immense travail qu’il fournit actuellement sur les bancs de l’opposition. Saint François d’Assise est parmi nous…

Pourtant l’actuel candidat aux législatives n’évoque quasiment pas et ne justifie pas cette indemnité de 75000 euros. En tout cas il n’en fait nulle mention dans la rubrique « C’était Laval ». Mais où est donc passé ce grand homme plein de transparence ?  J-C a surement eu un trou de mémoire. On a presque failli chialer quand il nous disait sur son site qu’il allait devoir pointer en 2008 à l’ANPE. On espère pour lui que le jour où il a déposé son chèque à la banque, il n’y avait pas trop la queue au guichet parce que avec l’attente l’ANPE, il a dû avoir une grosse journée le J-C. Et puis il demande souvent aux fonctionnaires de faire des efforts pour réduire la dette de la ville de Laval, alors du coup, on s’est dit qu’il pourrait faire un petit geste lui aussi en remboursant les 75 000 euros versés…Cela changerait des bras d’honneur.

Alors merci Jean-Christophe pour ce superbe magazine payé par nos impôts que nous foutions, pour la plupart, directement dans le bac à papier. Merci pour ces infos qui n’en étaient pas vraiment, le plus souvent ponctuées d’avis bien trop personnels. Ha sinon, vous qui aimez la nostalgie, petite anecdote qui vous fera plaisir. Au Ouest-Franc, il y a fort longtemps, on vous envoyait de fausses recettes avec des photos que vous publiiez dans le Laval-infos et ça mon J-C, vous ne l’aviez jamais vu. Si vous avez servi un de nos plats à Guillaume Garot, on peut comprendre qu’il ait voulu vous virer.

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Qui a vraiment tenté ce plat?

N.B. Le compte rendu du conseil municipal de Laval du 8/12/2008 évoque la gestion du contentieux entre J-C Gruau et la Mairie. Néanmoins, le rapport complet qui affiche le montant n’était pas libre d’accès sur le net. Sans être un secret, il était peu connu du grand public et son montant variait selon les bruits de couloirs. Un grand merci à notre source qui nous a retrouvé ce rapport. Rapport qui reste néanmoins public.

 

 

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