Plagiat, pigistes non-payés et faux-rédacteurs. Le fonctionnement de « La Mayenne on adore » mis à jour. (article blague à part)

On ne va pas se mentir, la « Mayenne on adore » au Ouest-Franc, on déteste, donc cet article n’aura rien d’impartial. Ceci étant, parfois il faut savoir creuser, car on n’a pas toujours détesté LMOA (sans non plus jamais être de grands fans). À force de s’en moquer à droite à gauche, on a essayé d’en savoir plus sur ce « média local ». On a interrogé trois anciens collaborateurs, dont le créateur du site et l’on s’est très vite rendu compte qu’on ne voyait que la face émergée de l’iceberg dans l’histoire. Ça vaut le détour…

Petit historique d’abord. En 2011, Aubin Laratte, son créateur, voulait relayer facilement des informations locales piochées dans la presse du coin ce qui était déjà peu apprécié par la presse locale. Aubin était lycéen, ce qui le rend largement excusable, certes il « picorait » des informations dans le Ouest-FrancE et le Courrier de la Mayenne mais son attention était louable : « Créer un site internet d’actu locale sur Internet, car le Courrier de La Mayenne et le Ouest-FrancE peinaient encore selon moi a se développer sur ce réseau ». Bref, Aubin Laratte était un adolescent qui voulait juste s’essayer au journalisme à travers parfois aussi quelques interviews ou enquêtes sur son temps libre, et il semble vouloir en faire dorénavant son métier de manière sérieuse.

En 2014, il ne peut plus gérer le site. « Je devais quitter le département pour mes études, gérer LMOA (La Mayenne on adore) n’était plus envisageable pour moi, car cela n’a pas de sens de traiter de l’information locale sans être dans le département. C’est à ce moment que Christopher Guéna me proposa de racheter le média. Il m’avait déjà fait une première offre quelque temps plus tôt, j’avais refusé. Mais là vu que je comptais fermer le site, j’ai accepté son offre de 1500 euros. Aujourd’hui, je me rends compte que j’aurais mieux fait de le fermer. Je n’aime pas du tout ce qu’il en a fait.« 

Qui est Christopher Guéna? Connu en Mayenne pour être le plus jeune candidat aux élections présidentielles de 2012, cet homme semble parler de lui avec beaucoup de recul. En est l’exemple de son autobiographie écrite à la troisième personne du singulier. Nous apprenons par exemple que ce jeune politicien a redoublé son CE1 en 1999 et qu’il a frôlé un conseil de discipline en 2004. Il a été aussi très « marqué » par son job d’été en 2010 au sein du groupe Lactalis. À la fin de la biographie, il nous propose d’aller faire un tour sur son profil Facebook. Nous l’avons fait. Pas un grand intérêt là-dedans. À part des photos de vacances, de soirées dans des endroits chics, des restaurants gastronomiques, et des portraits de son chien nommé « Botox », rien de pertinent. À ce jour, le profil est encore bien chargé de publications accessibles, ce qui semble un choix parfaitement assumé ou alors une incompétence dans la gestion des paramètres de confidentialité de Facebook. À chacun son avis…

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Source : site internet de « Société nouvelle »

Le propriétaire de LMOA gère également le site http://aujourdhuiparis.fr/ et Stupeur (http://stupeur.fr/), sorte de clones de Le Parisien/Aujourd’hui en France et de Public. Il s’est occupé aussi pendant un temps de sarthealors.fr et de http://ventdesnouvelles.fr/, tous plus ou moins abandonnés depuis. Ce qui est marquant par contre est que sur son compte perso aucune photo de la Mayenne ou très peu ne soit publiée. La raison est assez simple, C.Guena vit près de Paris et ne semble plus souvent mettre un pied dans ce département. C’est son droit. Mais comment fait-il pour relayer aussi bien les informations ? A-t-il une équipe de professionnels à ses côtés ? Des bénévoles ? Des pigistes ?

En ce qui concerne le principal reproche fait au site depuis le départ d’Aubin Laratte et la reprise de C.Guéna est ce côté « putaclic » ou la suppression de commentaires négatifs qui n’iraient pas dans le sens du site. Cette envie de parler de tout et de rien de la Mayenne, avec des titres quelques fois racoleurs ou anxiogènes concernant le terrorisme, le tout illustré de photographies de foules durant des concert…(http://bit.ly/2bf6yZY). Cela peut néanmoins plaire à certains. C’est vrai, il faut avouer quelque chose, dès qu’un truc se passe en Mayenne, ou qu’on peut ramener à l’échelle de ce département, vous pouvez être sûrs que La Mayenne on adore va l’évoquer…quelques minutes ou heures après les autres médias et ce n’est pas un hasard si c’est toujours après.

Oui, car la seule et unique source journalistique de C.Guéna c’est internet. En fait, le boulot que fait ce responsable de la publication est celui que vous faites tous les jours en tant que simple internaute sur Google ou en tant qu’abonné à un quotidien papier ou numérique. Parfois quelques bribes d’informations issues de rumeurs venant de quelques comptes Twitter ou Facebook, sans aucune vérification officielle (http://bit.ly/2bifFqa). Aucun déplacement, aucune photographie prise sur place. Concernant les images, tout provient de Google street/images. Parfois, le propriétaire du journal s’inspire de communiqués de presse envoyés ou récupérés, mais même dans ces moments là, il trouve le moyen de les copier-coller sans même prendre le soin de modifier la mise en page ce qui est détectable avec certains navigateurs comme Firefox (moins avec Opéra). Cet article sur Noz est un des nombreux exemples :

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Voir article sur Noz (si non modifié bien entendu)

Sur le fond donc, en dehors de communiqués de presse, Guéna pique tout sur les autres sites et comptes Twitter des médias locaux : Ouest-FrancE, Courrier de la Mayenne, France Bleu Mayenne… Sans aucun complexe, il copie-colle des articles entiers. Bien entendu les deux plus gros médias du département ont réagi depuis un moment (en l’état, juste quelques avertissements par mails envoyés par des journalistes ou Rédac-chef). Du coup, il change juste quelques mots pour se protéger de leurs éventuelles attaques judiciaires. Afin d’être moins repéré, il varie les sources et plagie d’autres petits médias locaux comme Côté Laval, qui réalise de la presse gratuite également. Si vous avez un site internet et que vous diffusez une information qui lui plaira, il vous copiera sans chercher à comprendre ce que vous écrivez et surtout sans chercher à savoir quel boulot cela vous aura demandé.

Pour le Ouest-FrancE, France-bleu Mayenne et les autres, c’est un certain manque à gagner. En effet en reprenant des informations de ces médias à son compte, LMOA leur pique des vues, donc des recettes publicitaires en moins, sans compter la reconnaissance du travail. Le plus fou est qu’une information d’abord diffusée par exemple par l’hebdomadaire Le Courrier de La Mayenne sera parfois d’abord référencée vers LMOA via les moteurs de recherche comme Google. Les médias locaux ont donc de quoi s’agacer sur le sujet. Quelque part, LMOA aspire les autres médias. Cependant, à notre connaissance, aucune action en justice n’a jamais été véritablement menée. Peut-être que les médias locaux ne veulent pas rentrer dans le jeu David contre Goliath qui ferait passer LMOA pour un petit média victime des géants. Toutefois, depuis quelque temps, C.Guéna cite ses sources et poste un lien vers l’article en question, mais ce n’est pas suffisant. De plus, son propre article est un copier-coller partiel de l’article cité en question, quel intérêt? Si C.Guéna voulait réellement informer rapidement les Mayennais, il fermerait son site et ne ferait que relayer les articles des journalistes locaux à travers F.B et Twitter. Mais il ne le fera pas, car ce qu’il veut ce sont des vues et ce n’est pas par hasard, car les vues sont la seule source de revenus pour une presse gratuite, tout le monde le sait : pas de vues, pas d’annonceurs, pas d’annonceurs, pas d’argent.

C.Guéna est un entrepreneur comme un autre qui cherche à se faire de l’argent avec son site même s’il se défend de vouloir nous proposer une information gratuite derrière sa société Louxe en reprenant la philosophie d’Aubin Laratte. Cette société a d’ailleurs fermé ses portes officiellement rue Bernard Le Pecq à Laval le 7/7/2015. La raison principale resterait le déménagement à Paris, pour d’autres ce serait dû surtout à des impayés : « Un agent de l’agence qui louait le local m’a affirmé qu’il ne payait plus les loyers » confie une source. Peu importe, aujourd’hui l’entreprise est officiellement située dans le 8ème arrondissement de Paris.

Ce que C.Guéna souhaite avec LMOA, ce sont des vues, dans le but d’attirer les annonceurs. En est l’exemple cette publication où il fête les 20 000 abonnés à la page (http://bit.ly/2bmEqCz), le lien mène tout droit vers sa page de promotion publicitaire démontrant la volonté primaire de C.Guéna : gagner de l’argent avec LMOA. Bien sûr, il n’y a pas de mal à tenter de vivre d’un site internet ou même à booster sa page grâce à des paiements Facebook (technique courante) mais si c’est en plagiant les autres, c’est une forme de vol selon la loi .(http://bit.ly/2bicCOQ).

Ce qui cloche également dans La Mayenne on adore est le ton que prennent certains articles. À plusieurs reprises, C.Guéna utilise La Mayenne on adore pour placer son avis, notamment pour défendre la cause LGBT. Il est par exemple très sensible aux décisions du nouveau président de la région Pays de la Loire qui cumule les coupes budgétaires envers les associations de défense des homosexuels. Dans ces moments, C.Guéna ne semble plus se contenter d’un simple ctlr+c/ctlr+v mais s’engage dans de vives billets tranchants (http://bit.ly/2bCwiiy). On comprend C.Guéna sur ce point, cela doit d’ailleurs être le seul où nous pourrions nous entendre, mais il ne peut confondre billet ou édito avec une vraie information. Il trompe le lecteur pour juste donner son point de vue. Certes, il peut l’exprimer, mais il doit dans ce cas informer le lecteur qu’il parle en son nom. C.Guéna a aussi réglé récemment ses comptes avec l’association La Gom53 avec qui il semble être en désaccord. Il les a taclé d’un « Peut-être s’agit-il en l’espèce d’un manque de volonté ou de courage. » dans un article sur l’absence de Gay Pride à Laval dont Christopher semble être un fervent participant. (http://bit.ly/2bic2QP).

D’autres sujets auraient créé des soucis. En début d’année Christopher Guéna aurait accusé la pression médiatique locale d’avoir poussé un père de famille au suicide. Le Ouest-FrancE lui rappela que la personne était déjà fragile psychologiquement et qu’il ne pouvait se permettre ce genre d’affirmation dans son article. En bref C.Guéna en donnant souvent son avis semble en fait confondre un site d’informations avec un blog personnel.

Dorénavant face aux multiples remarques sur le fond comme sur la forme, le propriétaire du site d’informations se protège en précisant dans ses mentions légales (qu’il peut changer à sa guise, à vous de vérifier selon lui): « La rédaction s’efforce de fournir sur le site www.lamayenneonadore.fr des informations aussi précises que possible. Toutefois, il ne pourra être tenue responsable des omissions, des inexactitudes et des carences dans la mise à jour, qu’elles soient de son fait ou du fait des tiers partenaires qui lui fournissent ces informations. ». Traduction, « si y’a des conneries de dites, c’est pas ma faute à moi « …Bien trop facile !

Mais là où on touche le fond serait que les noms des rédacteurs et collaborateurs indiqués sur le site seraient bidons car le propriétaire de la LMOA utiliserait plusieurs noms pour répondre aux divers demandes de pubs ou remarques afin de donner l’aspect d’une entreprise qui tourne, mais seul C.Guena vous répondrait. Sur le site les rédacteurs sont définis comme « bénévoles », ils étaient d’ailleurs décrits comme en « voie de professionnalisation » pendant un temps, ce qui ne veut juridiquement rien dire. De toute façon l’emploi de bénévoles par une entreprise n’est pas vraiment légal.

D’autres personnes qui ont collaboré avec lui ont été nommées responsable sur son site sans être prévenus. Aubin Laratte était encore nommé début 2015  au poste de « responsable politique » alors qu’il l’avait quitté en septembre 2014. Encore plus étonnant, Maël Rannou, membre d’Europe Écologie les Verts 53, qui a écrit quelques piges au début de la reprise, aurait été nommé « responsable du pôle culturel » sans son accord…: « Suite à un article concernant le suicide d’un père de famille, causé par la pression des médias, le Ouest-FrancE m’a contacté. J’ai donc appris par eux que j’étais identifié sur le site. Ne voulant plus être attaché à ce média « aspirateur à clics » je l’ai signalé. Christopher pour me « punir » a affirmé que dorénavant les communiqués de presse d’ EELV irait à la corbeille. Parti politique dont Christopher fut également membre pendant une courte période » (source Twitter  http://bit.ly/2bCzL0o )

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On remarquera également dans cet échange que tout ceux qui ont collaboré avec Aubin Laratte ont quitté les lieux depuis un moment. On en a contacté un qui souhaite rester anonyme : « J’ai toujours fait ça bénévolement donc je m’en fichais d’être payé ou pas. J’ai tenu un an avec Guéna. Lors de son 1er et seul appel, on était censé toucher 3€ par article, faire des réunions tous les 15 jours. Résultat, on ne l’a jamais vu. Un sacré sketch. Guéna est quelqu’un qui se lance dans plein de trucs à la fois, mais qui ne maîtrise rien du tout. Aujourd’hui j’ai retiré de mon C.V que j’avais collaboré pour LMAO, ça ne fait pas sérieux du tout en fait depuis le départ d’Aubin. »

Alors oui, c’est vrai, on ne va pas se mentir, LMOA c’est pratique pour avoir des infos sur La Mayenne. Grâce au boulot d’Aubin Laratte, le média peut compter sur pas mal de lecteurs. Mais il serait peut-être temps que nous lecteurs comprenions qu’on n’est pas face à un gentil bloggeur qui veut nous apporter une information locale et impartiale. Une sorte d’amoureux de la Mayenne altruiste qui veut nous apporter une information gratuite. On n’est pas là défendre les médias locaux, (nos dernières petites histoires avec le Ouest-FrancE le prouvent 🙂 mais si on veut s’intéresser à l’actualité locale, on va directement à la source qui mérite que son travail soit reconnu. Si par exemple, une information est apportée par le Ouest-FrancE, elle doit être lue sur le Ouest-FrancE et pas simplement citée en fin d’article une fois qu’on a cliqué sur le média. Et puis quel lecteur cliquerait sur la source pour lire 2 fois la même chose ?

Il serait aussi temps d’arrêter d’envoyer des communiqués de presse à un média qui n’en est pas vraiment un. La Mayenne on adore n’est pas tenu par un journaliste, il n’y aucun Rédacteur en chef. C’est juste un blog, comme le Ouest-Franc. Derrière LMOA, il n’y a qu’une photocopieuse humaine, et il faut cesser d’apporter du grain à moudre à un imposteur…

T.T

N.B : merci à ceux qui ont fourni assez d’informations et de témoignages pour que cet article blague à part ait plus de poids.

Article publié le 23/08/2016 à 18h00, mis à jour à 20h45

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