Château-Gontier. « Le cross du collège n’a que pour objectif de réduire les effectifs des classes juste avant les vacances », affirme un enseignant d’EPS à la retraite

La tradition du cross de la Toussaint le dernier mercredi ou vendredi avant les vacances serait en fin de compte une stratégie pour pallier les effectifs surchargés des classes de collège affirme un enseignant d’EPS tout juste à la retraite. Jean Racine (le nom a été modifié) est formel, « Chaque année on fait passer une épreuve d’éducation physique et sportive pour un petit challenge sportif, c’est du flan. Notre objectif est le même depuis 1975, supprimer les plus faibles, rien que mettre un dossard en épuise certains à cause du manque de souplesse…« 

Cet ancien enseignant qui n’est plus soumis au secret professionnel ose prendre la parole pour dénoncer ce qui lui semble être « le plus grand scandale sportico éducatif de la Ve République ». On faisait une sélection des élèves sous prétexte de créer des groupes de soutien adapté, mais ensuite les professeurs de mathématiques nous retransmettaient les résultats que nous couplions avec des tests d’efforts et de demi-fond. On repérait ainsi les plus fragiles intellectuellement et physiquement et on faisait en sorte de donner une course qui leur était inabordable, on rajoutait même du calcul mental avec le chrono afin qu’il abandonne totalement l’idée de progression. Ensuite on les plaçait à part pour qu’ils puissent reprendre leur souffle, c’est là que l’élimination opérait… »

« On en a même retrouvé certains au Parti socialiste »

« I believe I can flyyyyyy »

Mais comment « oublier » des dizaines de nouveaux élèves ? « À la Toussaint, rares sont les collègues qui se souviennent des prénoms des 6e. Du coup, on fait croire aux professeurs principaux qu’ils ont quittés l’établissement. L’équipe éducative ne peut que s’en réjouir. Qui n’a jamais été heureux de découvrir que le petit Kylian-Matthis qui ne sait même pas écrire son prénom avec un « Y » vient de quitter une classe de 32 élèves. Pour les rares enseignants qui ont repéré son départ, nous reportons la faute sur les parents en évoquant l’absentéisme. Des dizaines d’élèves disparaissent dans les bois, et ne sont retrouvés qu’une fois majeurs et ivres dans le PMU du coin. En train de crier que le vaccin ne guérit pas et qu’ils n’ont pas besoin de vaccin pour apprendre à l’école…Normal, ils n’y vont plus à l’école. On en a même retrouvé certains devenus adhérents du Parti socialiste, là j’avoue, moi-même ça m’a fait un choc« .

Ce lanceur d’alerte arrivera-t-il à faire bouger les lignes et rendre l’Éducation nationale inclusive sans procéder à des méthodes brutales de management ? Contactée, la direction académique n’a pas voulu donner davantage de précisions avant l’organisation de la course annuelle des inspecteurs généraux organisée par Jean-Michel Blanquer. 

Source détournement image : U-run et Challenges