Angers : viré définitivement du Bar du centre après avoir crié "Cointreau n’en faut"

 

« Attends, on est rue Saint Laud ou Saint Lô? »

« C’est un client fidèle certes, mais il y a des limites à ne pas dépasser ». Julian le patron du bar du centre explique sa décision de renvoyer son plus fidèle client : « Jonathan vient depuis des années ici et on l’apprécie pour sa joie de vivre, on accepte son humour sans souci. Mais ce hier soir il a été trop loin, beaucoup trop loin ».

Est-ce le verre de trop qui poussa Jonathan a prononcé cette phrase interdite à Angers depuis plus de vingt ans? « Cointreau n’en faut « , jeu de mots banni (arrêté 234-23 du 10 juillet 1993) car trop prononcé dans les bars durant les années 80 jusqu’au début des années 90 :  » A cette époque je me souviens, tout le monde prononçait cette phrase à toute les sauces. » raconte le patron du bar de la rue St Laud :  » Pour pas trop bosser sur les chantiers, au lycée ou tout simplement ne pas avoir trop de sauce sur son bœuf bourguignon. Cela a été difficile mais le Maire de l’époque a eu le courage de l’interdire dans les bars. C’est un peu comme la cigarette dans les cafés. Au début on gueule, mais au fil du temps, c’est passé, les gens s’habituent vous savez. En plus quand le film « la Cité de la peur » est sorti on l’a vite remplacé par l’expression « Juste un doigt ». Sauf qu’il y a toujours des petits malins… »

 

 

«A part Raymond Kopa et Roselyne Bachelot, personne ne peut évoquer le Cointreau de cette manière» 

 

« Juste un doigt »

 

Le phénomène ne serait pas isolé, depuis quelques années les patrons de bars angevins avouent que certains clients, surtout les plus jeunes, s’essayent à ce petit jeu : « Ils commencent par demander avec un sourire un verre de Cointreau en espérant que celui-ci sera servi par nos soins. On préfère leur placer la bouteille près du verre, cela leur évite qu’ils prononcent le jeu de mots au moment où on verse le liquide. En général, ils partent déçus. On a eu chaud plusieurs fois, c’était limite. »
Seules quelques personnalités auraient le droit à ce jeu de mots mais d’après la coutume. A part Raymond Kopa et Roselyne Bachelot, personne ne peut évoquer le Cointreau de cette manière : « On accepte pour Raymond Kopa car la calembour est de sa génération. Roselyne Bachelot l’utilise souvent en pensant qu’on ne la reconnaît pas. Elle utilise un masque antigrippe. Elle essaye d’écouler les stocks depuis la fausse épidémie de grippe A, mais on la grille à cause de son rire. »

 

Pour rappel, d’après le code pénal, toute personne criant « Cointreau n’en faut » dans un établissement public devra passer un séjour à Yantai en Chine. En cas de récidive, le contrevenant encoure une peine d’un an de logement à Château-Gontier.
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