Une agence propose de louer un ami pour que l’on ne soit pas accusé de racisme

Hamadou et Maryam au mariage du maire d’Avignon

« Non mais je suis pas raciste, j’ai même des amis noirs ». Qui n’a jamais entendu cette phrase de d’une personne accoudée sur le comptoir d’un bar qui justifie son racisme refoulé? La rédaction du Ouest-Franc s’est intéressée à cet alibi. Derrière cette phrase anodine se cache un réseau de proxénète peu glorieux. Enquête exclusive…
La Société des amis des Noirs, nom inspiré de l’association française issue des Lumières, est située dans le XIVe arrondissement de Paris. Si nous nous basons sur le registre du commerce, celle-ci a pour but de créer un échange consentant entre deux personnes d’origines ethniques différentes moyennant une indemnité pécuniaire équitable. Plus vulgairement, La Société des amis des Noirs est en fait une entreprise qui a pour but de louer des services des personnes d’origine africaine à des hommes politiques ou d’affaires qui ont besoin de justifier en permanence leur respect au principe d’égalité. 
Nous avons pu interviewer Jean-Christophe, ancien employé de cette société qui nous raconte son calvaire de call-black. Son témoignage est poignant : « Je faisais ça pour payer mes études d’Économie. Au début, c’était juste des ptits boulots comme ça. Accompagner les vieux au P.M.U et attendre qu’ils disent devant tous qu’ils n’avaient pas menti. Qu’ils avaient bien un ami noir qu’il respectait malgré nos différences. Je suis né en France et mes parents aussi, alors j’ai du inventé un faux accent sénégalais. Dire aussi que j’habitais Montreuil ou dans le XXème avec tous mes frères, sœurs, oncles et tantes dans un logement social de 23 mètres carré. Pas facile à jouer, je suis fils unique. Pour l’accent, j’avais travaillé à partir de vidéos sur Youtube. Je me suis planté la première fois, je m’étais basé sur l’accent d’Anthony Kavanagh, j’avais oublié qu’il est Québécois. Je me suis embêté pour rien d’ailleurs car c’est super simple au P.M.U, faut juste oublier de prononcer les « R » et ça passe tout seul. »
Mais au fur et à mesure le cauchemar s’accroit pour Jean-Christophe qui avait un besoin de plus en plus important d’argent. En effet, son propriétaire avait augmenté son loyer de 100 euros du jour au lendemain en prétextant que s’il n’était pas content il pouvait rentrer chez lui.

« Je ne me voyais pas rentrer à Sablé Sur Sarthe » nous confie J-C. « C’est une région difficile vous savez et politiquement instable ». Il est vrai, Sablé Sur Sarthe a subi un coup d’État de Lorànt Deutsch en 2011, soutenu par François Fillon. 

Jean-Christophe accepta alors d’accompagner son propriétaire dans les meetings du FN puis ceux de l’UMP. Le partisan politique trouvait que ceux du parti de Marine Le Pen était trop laxiste par rapport au second. « Afin de coller au cliché du bruit et de l’odeur, je ne prenais pas de douche pendant une semaine et me badigeonner de beurre de karité afin d’accroître l’arôme exotique recherché par les convives. Pour le bruit, j’ai acheté un djembé sur la place du marché puis j’ai tapé au hasard sur la peau de chèvre. Les gens m’applaudissaient et me remerciaient pour mon art colonial et mon sens du rythme. J’avoue, mes 10 ans de piano et de solfège m’ont bien aidé».
 
L’agence qui se défend de tout abus de la personne et d’hypocrisie sociale se développe peu à peu. Celle-ci commence à proposer des brochures de plus en plus ciblées. Un agent d’accueil nous détaille leur offre : « Depuis le débat sur le mariage pour tous, certains homophobes jusqu’ici bien planqués n’arrivaient plus à se taire dans les troquets et les repas de famille. Quelques personnes venaient parfois en pleurs car ils étaient dorénavant détestés par leur neveu préféré. Ils avaient malheureusement juste eu le courage de dire que les homosexuels allaient brûler en enfer. C’est notre devoir de les aider! » 
Leur dernière brochure sobrement appeler Call-Gay permet de mettre en relation des homophobes et de vrais acteurs. D’après l’agence, le produit qui marche le plus est Michou. « Il est génial » déclare un employé. « Il vient toujours en cuir et avec une casquette, et si il y fait froid il se couvre d’un châle arc-en-ciel. Il parle super bien comme une vrai tap… Enfin comme un de ceux là, avec les mains et tout et tout, il est trop cut ». Il y aussi Adella,la copine lesbienne parfaite pour les bobos. Son profil cartonne depuis le film d’Abdellatif Kechiche. « Ha bah ça, question clichés, on le remercie de nous avoir aidé celui-là » crie un stagiaire au fond du couloir.
Nous avons tout de même demandé à l’agence s’ils travaillaient avec des personnes vraiment d’origine africaine ou qui ont des orientations homosexuelles. Le directeur nous claqua la porte au nez à cette dernière question en concluant par un « J’ai rien contre eux, mais vous savez avec ces gens là… ».

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